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Des chercheurs découvrent une nouvelle espèce de méduse dans des fossiles mis au jour près de Québec 

Comme les organismes à corps mou se conservent mal, la découverte d’un fossile de Paleocanna tentaculum constitue un événement rare  
Digital reconstruction of paleocanna tentaculum on the sea floor, a tube-like structure with tentacles emerging from the top of each tube.
Image par Louis-Philippe Bateman.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 20 April 2026

Des chercheurs qui étudient des fossiles vieux de 450  millions d’années, découverts à environ 50  kilomètres au nord-est de Québec, ont identifié une nouvelle espèce de médusozoaire basal: le Paleocanna tentaculum, un polype tubulaire à corps mou doté d’un anneau de tentacules. La découverte de cet organisme très proche des méduses modernes est un événement en soi, puisque seules quelques espèces de son sous-phylum ont été consignées dans les registres. 

« Les organismes à corps mou se conservent moins bien que les organismes à corps dur, ce qui rend les fossiles d’organismes à corps mou d’autant plus précieux pour la compréhension de l’histoire de la vie », explique , coauteur de l’étude et étudiant aux cycles supérieurs au Département de biologie de l’Université ɬÀï·¬.  

Selon le coauteur, cette découverte met également en lumière l’importance du patrimoine fossile du Québec. 

« J’ai souvent dit que nos gisements fossilifères étaient moins prestigieux que ceux de régions comme la Colombie-Britannique ou l’Alberta, ajoute-t-il.   Des découvertes comme celle-ci prouvent qu’il reste encore beaucoup à découvrir et à étudier ici. » 

Un site riche en espèces 

Les fossiles ont été découverts à Saint-Joachim, dans la partie supérieure de la Formation de Neuville, dans les Basses-Terres du Saint-Laurent. Selon Christopher  Cameron, coauteur de l’étude et professeur de biologie à l’Université de Montréal, cette région figure « parmi les sites fossilifères les plus riches en espèces de la planète » pour les fossiles de l’Ordovicien. 

L’équipe de recherche a examiné quinze dalles de calcaire schisteux contenant environ 135  spécimens, dont 39 ont été mesurés et photographiés. Pour procéder à cette identification, elle a comparé les caractéristiques physiques des fossiles à celles de 69  autres espèces, fossiles ou vivantes, apparentées aux méduses. 

L’analyse a montré que Paleocanna tentaculum était plus proche des méduses actuelles que des autres organismes anciens apparentés. 

Un état de conservation exceptionnel 

Selon les chercheurs, ces fossiles auraient été créés par un enfouissement soudain au fond de la mer, lorsqu’une vase fine a rapidement recouvert les animaux, les protégeant ainsi des charognards et des perturbations.  

« Étant donné que plusieurs individus sont orientés dans la même direction, nous pensons qu’ils ont été enterrés sur place ou qu’ils n’ont pas été transportés loin avant d’être recouverts », précise Greta Ramirez-Guerrero, autrice principale et doctorante à l’Université de Montréal. « Cet enfouissement rapide, associé à un environnement pauvre en oxygène, a ralenti la décomposition et contribué à préserver les animaux avant que les sédiments ne se transforment en roche. » 

Four photographs of paleocanna tentaculum fossils with their tube-like structures and tentacles evident Image by Greta Ramirez-Guerrero

Ces spécimens fossiles sont conservés au Musée de paléontologie et de l’évolution (MPE) de Montréal, où ils feront l’objet de nouvelles recherches.

« Nous devons rendre hommage à John  Iellamo, collectionneur amateur de fossiles réputé et membre de notre musée, qui a découvert ces fossiles en 2010 et les a offerts au MPE », indique Mario  Cournoyer, coauteur de l’étude et fondateur du MPE. « Il a su reconnaître l’importance scientifique de ces fossiles, qu’il a mis à la disposition des chercheurs. Sans lui, nous ne parlerions pas de cette nouvelle espèce. »

Louis-Philippe Bateman ajoute que le site de Saint-Joachim pourrait avoir d’autres secrets.

« Dans ce genre de site, on trouve généralement des espèces intéressantes pendant de nombreuses années. Je m’attends donc à de nombreuses autres découvertes spectaculaires ».

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article «  », par Greta  Ramirez-Guerrero, Huda  Alghaled, Louis-Philippe  Bateman,  Mario Cournoyer et Christopher B. Cameron, a été publié dans le Journal of Paleontology.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et par le Fonds de recherche du Québec.

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