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Des hypothèses de longue date sur l’apprentissage et la récupération de la parole remises en question

Une étude montrant que le cortex sensoriel, et non le cortex moteur, joue un rôle de premier plan dans la parole ouvre des perspectives pour les technologies de nouvelle génération
Colourful side-profile scan of the human vocal tract in motion
Image par David Ostry.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 25 May 2026

Une étude récente révèle que l’apprentissage d’une nouvelle langue ou la récupération de la parole repose davantage sur les régions du cerveau qui traitent les sons et les sensations physiques que sur celles qui régissent le contrôle moteur. 

Menée par des équipes de recherche de l’Université ɬÀï·¬ et de l’École de médecine de l’Université Yale, l’étude pourrait contribuer à l’évolution de la théorie de l’apprentissage de la parole et à la mise au point de technologies de traitement et de reconnaissance de la parole. 

Jusqu’à présent, on pensait que l’apprentissage et la mémorisation des mouvements du visage et de la bouche nécessaires à la parole dépendaient des régions motrices du cerveau. Les constats récents remettent en question cette hypothèse et mettent plutôt en évidence le rôle de première importance des systèmes auditif et somatosensoriel. 

« Les neurosciences sensorimotrices ont longtemps placé les régions motrices frontales au premier plan dans la production du mouvement. Les résultats de l’étude nous invitent à réviser ce concept, puisqu’ils montrent que l’apprentissage de la parole chez l’humain repose en grande partie sur des mécanismes sensoriels », explique David  Ostry, professeur de psychologie à l’Université ɬÀï·¬. 

Ces résultats pourraient conduire à l’étude de nouvelles approches pour la mise au point de technologies reliant le cerveau et la parole en vue, par exemple, du rétablissement de la parole après un AVC; ainsi, on pourrait améliorer l’efficacité et la convivialité de ces technologies par l’intégration de processus sensoriels. 

Évaluation de la rétention par stimulation cérébrale 

Pour évaluer le rôle des régions sensorielles du cerveau dans l’apprentissage et la rétention des mouvements élocutoires, les chercheurs ont modifié en temps réel la façon de parler des participants avant de leur renvoyer le signal modifié par le truchement d’écouteurs, ce qui a stimulé l’apprentissage moteur de la parole. 

Ils ont ensuite utilisé la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), technique de stimulation cérébrale non invasive, pour perturber l’activité neuronale dans des zones clés liées à la parole : le cortex auditif, le cortex somatosensoriel et le cortex moteur. La rétention a été évaluée 24 heures plus tard. 

Les chercheurs ont émis l’hypothèse suivante : si une région cérébrale joue un rôle essentiel dans l’acquisition et le maintien de la parole, sa perturbation devrait compromettre la rétention des mouvements; dans le cas contraire, celle‑ci resterait intacte. 

Ils ont constaté que la perturbation de l’activité du cortex sensoriel, qu’il soit auditif ou somatosensoriel, réduisait considérablement la capacité des participantes et participants à retenir les nouveaux mouvements de la parole, tandis que la perturbation du cortex moteur n’avait pas cet effet. 

« Nos résultats remettent en question l’idée selon laquelle les nouveaux souvenirs liés à la parole reposent uniquement sur des changements dans les régions motrices du cerveau. Nous mettons plutôt en évidence le rôle déterminant des changements qui interviennent dans les zones auditives et somatosensorielles du cerveau pour l’apprentissage de la parole », souligne Nishant Rao, coauteur de l’étude et chercheur associé à l’Université Yale. 

Le rôle de la plasticité cérébrale 

L’étude fait partie d’un programme de recherche plus vaste portant sur le rôle de la plasticité des systèmes sensoriels du cerveau dans l’apprentissage moteur et la mémorisation. Elle s’inscrit dans la suite de travaux récents du groupe sur les mouvements des membres supérieurs, qui montrent qu’une perturbation du cortex sensoriel nuit à l’apprentissage et à la rétention de nouveaux mouvements. 

Des travaux à venir permettront de cartographier les circuits corticaux cérébraux associés à l’apprentissage et d’explorer des interventions sensorielles pour le traitement des troubles du mouvement, notamment dans le contexte de la réadaptation après un AVC. 

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ðÌý

³¢â€™a°ù³Ù¾±³¦±ô±ðÌý«  », par Nishan  Rao, Rosalie  Gendron, Timothy  Manning et  David  Ostry, a été publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. 

L’étude a été financée par le National Institute on Deafness and Other Communication Disorders des États-Unis. 

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