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Voie rapide pour les patients avec un cancer lié à l'amiante

Un projet financé par le RCR a mis en place un programme intégré pour diagnostiquer et traiter plus rapidement les patients atteints de cancer du poumon lié à l'amiante

Le QuĂ©bec a la sombre distinction d’afficher le plus haut taux d’incidence de mĂ©sothĂ©liome pleural malin (MPM) de l’AmĂ©rique du Nord; un cancer mortel directement liĂ© Ă  l’exposition Ă  l’amiante. Et pourtant, la province ne possède aucune ligne directrice servant Ă  guider le diagnostic global ni l’approche de traitement de cette maladie. Grâce Ă  une bourse de recherche du Fonds CQI du RĂ©seau de cancĂ©rologie Rossy (RCR), une Ă©quipe menĂ©e par Dr Jonathan Spicer, chirurgien thoracique, travaille prĂ©sentement Ă  l’élaboration d’une approche multidisciplinaire intĂ©grĂ©e en matière de traitement du mĂ©sothĂ©liome pleural visant Ă  mettre sur pied un centre d’excellence de soins des patients atteints de MPM. Ce programme est offert au sein des hĂ´pitaux de ɬŔď·¬ et s’étend Ă  l’échelle provinciale. Un site Web destinĂ© aux patients et aux mĂ©decins expliquant le programme sera bientĂ´t accessible.

« Il s’agit d’une maladie très rare. Près de 180 patients par annĂ©e reçoivent ce diagnostic et le taux d’incidence de mĂ©sothĂ©liome continue de grimper », explique Dr Spicer, qui pratique la chirurgie thoracique au sein de l’HĂ´pital gĂ©nĂ©ral de MontrĂ©al du Centre universitaire de santĂ© ɬŔď·¬ (CUSM) et de l’HĂ´pital gĂ©nĂ©ral juif, et qui enseigne Ă  titre de professeur adjoint au DĂ©partement de chirurgie de la FacultĂ© de mĂ©decine de l’UniversitĂ© ɬŔď·¬. Cette rĂ©alitĂ© est d’abord due au fait que les symptĂ´mes prennent souvent jusqu’à 40 ans Ă  se manifester. De plus, l’extraction d’amiante et son utilisation Ă  grande Ă©chelle en tant qu’agent ignifuge se sont poursuivies jusque dans les annĂ©es 1990. « Étant donnĂ© le nombre d’annĂ©es que l’amiante a Ă©tĂ© utilisĂ© dans le domaine de la construction, nous nous attendons Ă  ce que le taux d’incidence culmine d’ici 2030 », affirme Dr Spicer.Ěý

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Dr. Spicer (rangée du fond, à droite) mène l'équipe de projet pour le Programme intégré de mésothéliome pleurale pour le Réseau de cancérologie Rossy.

Les patients atteints de mésothéliome symptomatique sont souvent mal diagnostiqués ou laissés sans diagnostic; les symptômes sont trop vagues et trop similaires à d’autres maladies respiratoires précoces. Le MPM est associé à un taux de survie de cinq ans de seulement 5 %, donc en plus de sa rareté et des difficultés de diagnostic qui s’y rattachent, cette maladie semble être une cause perdue aux yeux des médecins. « Il y a un sentiment de nihilisme par rapport à cette maladie; il n’y a rien que l’on peut faire à part émettre le diagnostic et aviser le patient de se préparer au pire », affirme Dr Spicer.

« Parfois, ne pas offrir de traitement constitue la bonne chose Ă  faire pour le patient », ajoute Dr Spicer, « toutefois, un des objectifs du programme est d’aider Ă  diriger les patients vers les soins de soutien appropriĂ©s aussitĂ´t que possible ». Dr Spicer et son Ă©quipe ont dĂ©couvert que cela n’a pas toujours lieu.Ěý
ĚýL’équipe prĂ©voit commencer par sensibiliser les soignants partout Ă  travers le QuĂ©bec. « Nous voulons que l’ensemble de la province sache que c’est ici l’endroit oĂą diriger les patients atteints de MPM », affirme Dr Spicer. « Nous voulons qu’ils soient vus par notre Ă©quipe et veiller Ă  ce que le traitement appropriĂ© soit amorcĂ© ».Ěý

Le premier arrĂŞt pour la plupart des patients atteints de MPM est une visite chez un chirurgien thoracique comme Dr Spicer, qui peut aider Ă  rĂ©duire l’accumulation de liquide autour des poumons et allĂ©ger certains des symptĂ´mes. L’équipe de soins doit ensuite dĂ©cider d’amorcer un traitement appropriĂ©, inscrire les patients Ă  un essai clinique ou organiser des soins palliatifs et des soins de soutien taillĂ©s sur mesures. Pour les patients de l’extĂ©rieur de MontrĂ©al, cela voudra dire prolonger les efforts de prospection de l’équipe vers des partenaires rĂ©gionaux. « Ce n’est pas logique d’offrir des soins palliatifs Ă  ces patients au CUSM ou Ă  l’HĂ´pital gĂ©nĂ©ral juif », explique Dr Spicer. « Nous allons travailler avec les services de soins palliatifs des hĂ´pitaux locaux et guider le traitement de ces patients. »Ěý

L’équipe continuera de communiquer avec les patients atteints de MPM qui ont Ă©tĂ© vus en clinique et Ă©valuera par la suite les rĂ©percussions du programme sur les rĂ©sultats de santĂ©. En raison du faible nombre de patients diagnostiquĂ©s, il s’agira d’un travail de longue haleine. « Nous sommes très reconnaissants envers le RCR d’avoir soulignĂ© cette maladie orpheline », affirme Dr Spicer. « Maintenant, nous allons susciter un peu d’attention. Et les patients sont soulagĂ©s d’avoir rencontrĂ© une Ă©quipe d’experts familière avec cette maladie rare et complexe. »Ěý

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