Jeremy Tatar (ɬÀï·¬) et Victor Burton (Berlin) class="text-align-center"> 
15 mars 2023

Résumé :

Le footwork est un style de musique électronique de danse apparu à Chicago à la fin des années 1990. Conçu à l’origine pour accompagner une forme de danse particulière — également appelée footwork ou footworking —, le footwork est un genre très dynamique qui s’épanouit dans un espace liminal de la perception. Bien que le tempo de presque tous les morceaux de ce style soit théoriquement de 160 bpm (un tempo atypiquement rapide issu à l’origine de la lecture de disques house 33 tours à 45 tours [Berlatsky 2021]), les caractéristiques rythmiques et métriques de cette musique varient considérablement et se distinguent par de fortes syncopes, des rythmes croisés sautillants et la coexistence de multiples niveaux de dissonance métrique (Krebs 1999).

Pour ce projet collaboratif, on a proposé une étude analytique approfondie de la compilation influente de Footwork Bangs & Works, Volume 1 (2010), organisée par le label britannique Planet Mu, qui a été la première sortie de ce genre à toucher un public international (Brar 2016, 21 ; Lobley 2018, 59). Notre analyse s’est principalement concentrée sur la relation entre la qualité timbrale et la fonction métrique. La complexité métrique caractéristique du Footwork s’exprime principalement à travers ses différentes couches de percussions, qui sont stratifiées tant sur le plan timbral que textural. La sub-basse, par exemple, occupe généralement la gamme en dessous de 100 Hz en triolets de noires, tandis que les charlestons, plus proches de 10 kHz, évoluent généralement en croches et en double-croches. En nous appuyant sur des travaux portant sur l’analyse de la scène auditive (Bregman 1990) et les effets de regroupement orchestral (McAdams et al. 2022), on a soutenu que les producteurs de Footwork sélectionnent judicieusement les timbres de batterie et répartissent ces éléments sur le spectre de fréquences pour générer un espace métrique multistable, qui offre plusieurs possibilités diverses d’entraînement métrique (Witek 2017).

Comme de nombreux sons de percussion du Footwork sont souvent tirés de bibliothèques d’instruments numériques aux connotations exotiques (Lochhead 2021), ce projet a exploré plus en profondeur les implications sémantiques et largement racialisées de l’intersection entre le timbre et le rythme.